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Session O.

Questionner les apports de la recherche-action en sciences territoriales et architecture.
(Ap)prendre des territoires à propos de l’habiter

Coporteurs : Thierry JOFFROY & Romain LAJARGE (AE&CC / ENSA Grenoble)

Les sciences du projet (architecture, urbanisme, paysage, aménagement) sont en partie territoriales. Elles font appel à la recherche-action comme méthode pour enquêter, apprendre et permettre d’agir. Quels sont, dans ces disciplines, les apports de la recherche-action appliquée à la question de l’habiter dans et avec les territoires ? Que permet-elle d’apprendre des territoires ? Ces chercheurs interrogent les conditions pour habiter mieux et/ou autrement les territoires ; ils le font avec les acteurs concernés, habitants et citoyens. Comment opèrent-ils leurs observations, descriptions et analyses ? Comment s’appuient-ils sur les savoirs des acteurs pour (ap)prendre des (les) territoires ?

La période de crise de l’habiter (pénurie de logements, mal-logements, passoires thermiques, tensions nouvelles urbain-rural, désartificialisation et renaturation, spéculations immobilières et surcoûts…) participe de la transition territoriale. Celle-ci réclame de nouvelles pratiques (réhabilitations, reconstructions, réemploi…) donc de nouveaux savoirs et processus d’apprentissage à partir du territoire comme complexe de réalités agissantes.

L’hypothèse proposée ici, sur ce thème de l’habiter avec ces disciplines à visée professionnelle, entre chercheurs et acteurs, entre science et société, est qu’une bonne compréhension et une juste intervention sur l’existant, une meilleure connaissance de la dimension apprenante des territoires dans les projets produisant de l’habiter sont nécessaires.

La circulation des concepts, modèles et propositions entre recherche et action sera interrogée. L’apprentissage « en prenant place » et l’enseignement des chercheurs par les acteurs (ou vice-versa) posent de nombreux problèmes (appropriation, objectivation, réflexivité, rétroconception et rétroingénierie…) dont la session propose de discuter la pertinence et les effets.

Références bibliographiques indicatives

Barbier R., 1996, La recherche-action, Paris, Economica.
Cailly L., Lajarge R., Ruas A., Saez G. (dir.), 2019, Demande(s) territoriale(s), Paris, Karthala, « Collection du CIST ».
Joffroy T., 2016, « Prendre en compte les cultures constructives locales pour une meilleure efficacité des projets d’habitat », Chronique ONU, vol. LIII, n° 3.
Lahire B., 1998, « Logiques pratiques. Le “faire” et le “dire sur le faire” », Recherche et formation, numéro thématique « Les savoirs de la pratique : un enjeu pour la recherche et la formation » (A.-M. Chartier et F. Jacquet-Francillon, dir.), n° 27, p. 15-28.
Latour B., 2017, Où atterrir ? Comment s’orienter en politique, Paris, La Découverte.
Lavoie L., Marquis D., Laurin P., 1996, La recherche-action. Théorie et pratique. Manuel d’autoformation, Québec, Presses de l’Université du Québec.
Lewin K., 1946, « Action Research and Minority Problems », Journal of Social Issues, 2(4), p. 34-36.
Resweber J.-P., 1995, La recherche-action, Paris, PUF, coll. « Que-sais-je ? ».
Rullanti G., 2006, La recherche-action au service de l’auto-développement, Paris, L’Harmattan.
Schön D.A., 1983, The Reflective Practitioner. How Professionals Think in Action, New York, Basic Books.

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